Réseau Scientifique Ouest Africain des plantes

CROSSOPTERYX FEBRIFUGA BENTH.

Le crossopteryx

Famille : Rubiacée

Balimba (Bambara), Monéréki (Peul/Toucouleur), balêbo,balembo (Mandingue), Kumbrewanga (Moré)

1. Connaissance de la Plante

Une plante retrouvée dans les savanes en Afrique de l'Est, de l'Ouest et centrale, elle est beaucoup utilisée dans la médecine traditionnelle pour ses propriétés fébrifuge et analgésique. Elle fait partie d'une famille importante dans la médecine traditionnelle africaine dont les genres les plus retrouvés sont Borreria, Myrtagina, Mirtacarpus. C'est également la famille où l'on retrouve plusieurs plantes avec un grand apport dans la pharmacologie dont les quinquinas (pour la quinine), Ipéca, Coffea et Yohimbe. Ces genres et espèces sont caractérisés par la présence d'alcaloïdes très actifs utilisés en thérapeutique. La préparation de médicament traditionnelle améliorée est la plus prescrite des phytomédicaments au Mali.

Usage Médecinal et Traditionnel

  • Médecine traditionnelle :Parties aériennes (surtout les feuilles) et Fruits : En Tisane, macération et en décoction : Toux, refroidissement, Fièvre, Infections respiratoires, dysenterie
  • Phytothérapie et Evaluation clinique :Bronchite : Balembo® : Sirop antitussif (Fruits) DMT-Mali – Antiinflammatoire, mucolytique et anti œdémateux (activité liée à la crossoptine)
  • Autres usages (alimentaire, cosmétique, etc.) :Ecorce (additionné de sel) (vétérinaire) : Comme fortifiant pour le bétail affaibli ou les vaches allaitantes

2. Botanique

Le crossopteryx est un arbuste de 6 à 8 m de haut, les branches sont tortueuses légèrement recourbées amorphes. Les feuilles sont caractéristiques de la famille des rubiacées, elles sont simples opposées. De forme ovale, elles sont acuminées au sommet et arrondies à la base. Le tronc a une écorce lisse grisâtre. Les fleurs régulières forment des corymbes terminaux, elles sont blanches et très parfumées. Les fruits sont des capsules sphériques à maturité noirâtre contenant deux graines plates et ailées.

3. Portrait phytochimique

C'est une espèce ne contenant pas l'alcaloïde quinine mais plutôt la crossoptérine qui est amorphe. L'extrait d'écorce est souvent standardisé en crossoptine (A ou B) qui est une saponine tri terpénique à laquelle serait attribuée l'activité principale des préparations de crossoptérix. On note également la présence de saponosides et de tanins particulièrement dans les feuilles. Cette plante contient également des monosaccharides, des sels minéraux ainsi que des corps gras dans les racines et les feuilles.

4. Drogue Végétale et Mode d’emploi

Les fruits sont utilisés dans les préparations du DMT au Mali mais on note également une certaine efficacité des préparations à base d'écorce pour les bronchites. Dosage : Voir Sirop Balembo®(Décoction des fruits noirs séchés ), sinon 10 g de fruits dans 100ml d'eau. Extrait de 20% pour adulte et chez l'enfant de 10ml 3 fois par jour (Extrait à 10%)

5. Précautions d’emploi

La récolte des feuilles et parties aériennes doit se faire selon description ad hoc pour la préparation des drogues végétales. Et les extraits ne doivent pas être conservés plus de 24heures

6. Effets indésirables et Contre-Indications

- Diurèse, Vomissement (consommation des décoctés d'écorces et de racines)

7. Interactions avec d’autres plantes ou médicaments

- Attention la plante a le même nom en Socé avec l'espèce Naucléa latifolia utilisée aussi en médecine traditionnelle pour des douleurs de la poitrine

8. Toxicité

Aucune toxicité aux doses usuelles n'est encore déclarée chez l'homme. Cependant une toxicité respiratoire est notée chez le rat à des doses d'extrait alcoolique à 100mg/kg se manifestant par des dépressions respiratoires et syndromes gastro-intestinaux.

Références Bibliographiques

  • 1°) J. KERHARO, J. G. ADAM. 1974 Pharmacopée senegalaise traditionnelle
  • 2°) Improved Traditional Medicines in Mali. Merlin Willcox, Rokia Sanogo, Chiaka Diakite, Sergio Giani, Berit Smestad Paulsen, and Drissa Diallo. The Journal of Alternative and Complementary Medicine. March 2012, 18(3): 212-220